ILAALI!

Mes tissages de lectures, d'écriture, d'arts

07 janvier 2009

On croirait que les arbres en hiver laissent flâner leurs racines dans le ciel

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LE PAPILLON ET LES TOURTERELLES

Un papillon, sur son retour,

Racontait à deux tourterelles,

Combien dans l'âge de l'amour

Il avait caressé de belles:

« Aussitôt aimé qu'amoureux,

Disait-il, ô l'aimable chose!

Lorsque, brûlant de nouveaux feux,

Je voltigeais de rose en rose!

Maintenant on me suit partout,

Et partout aussi je m'ennuie ;

Ne verrai-je jamais le bout

D'une si languissante vie? »

Les tourterelles sans regret

Répondirent : « Dans la vieillesse

Nous avons trouvé le secret

De conserver notre tendresse ;

A vivre ensemble nuit et jour

Nous goûtons un plaisir extrême :

L'amitié qui vient de l'amour

Vaut encor mieux que l'amour même. »

JEAN-BAPTISTE JOSEPH WILLART de GRECOURT

(1683-1743)

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02 novembre 2008

Rabindranath Tagore

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Qui es-tu, lecteur, toi qui, dans cent ans, liras mes vers?

Je ne puis t'envoyer une seule fleur de cette couronne printanière, ni un seul rayon d'or de ce lointain nuage.

Ouvre tes portes et regarde au loin.

Dans ton jardin en fleurs, cueille les souvenirs parfumés des fleurs fanées d'il y a cent ans.

Puisses-tu sentir,dans la joie de ton coeur, la joie vivante qui, un matin de printemps, chanta, lançant sa voix joyeuse par delà cent années.

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Le jardinier d'amour

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Au matin, je jetai mon filet dans la mer.

J'arrachai du sombre abîme d'étranges merveilles : les unes brillaient comme un sourire, d'autres scintillaient comme des larmes et d'autres étaient rougissantes comme les joues d'une jeune épousée.

Quand, chargé de mon précieux fardeau, je revins à la maison, ma bien-aimée était assise dans le jardin et nonchalamment effeuillait les pétales d'une fleur.

J'hésitai un instant, puis je plaçai à ses pieds tout ce que j'avais arraché à la mer et je restai là silencieux.

Elle y jeta un regard et dit : Quelles sont ces choses étranges? A quoi peuvent-elles servir?

De honte, je baissai la tête et je pensai : Je n'ai pas lutté pour obtenir ceci ; rien de tout cela n'a été acheté sur le marché ; ce ne sont pas des présents faits pour elle.

Alors, durant toute la nuit, je jetai ces trésors dans la rue.

Au matin, des voyageurs vinrent ; ils les ramassèrent et les emportèrent dans des pays lointains.

RABINDRANATH TAGORE

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09 octobre 2008

Ces âmes, vertuchou! Et du nouveau sur le blog DENIS CORVOL

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Un silence commun

Une lecture partagée

Une porte ouverte

Un silence rompu

Des études à l'âme envolée

des parfums et le grain du cinéma

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Posté par Ilaali à 19:45 - Du neuf! Blog Denis Corvol - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Pieds par-dessus tête!

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SONNET

Moi, je vis la vie à côté,

Pleurant alors que c'est la fête.

Les gens disent : "Comme il est bête!"

En somme, je suis mal coté.

J'allume du feu dans l'été,

Dans l'usine je suis poète ;

Pour les pitres je fais la quête.

Qu'importe! J'aime la beauté.

Beauté des pays et des femmes,

Beauté des vers, beauté des flammes,

Beauté du bien, beauté du mal.

J'ai trop étudié les choses ;

Le temps marche d'un pas normal :

Des roses, des roses, des roses!

CHARLES CROS

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07 août 2008

le miroir de Borges

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el espejo


Yo, de niño, temía que el espejo

Me mostrara otra cara o una ciega

Máscara impersonal que ocultaría

Algo sin duda atroz. Temi asímismo

Que el silencioso tiempo del espejo

Se desviara del curso cotidiano

De las horas del hombre y guareciera

En su vago confín imaginario

Seres o plantas o colores nuevos.

(A nadie se lo dije : el niño es tímido.)

Yo temo ahora que el espejo encierre

El verdadero rostro de mi alma

Soberbia, defensiva y aterrada,

El que Dios ve y acaso ven los hombres.


Jorge Luis Borges

le miroir


Enfant, je craignais que le miroir

me montre un autre visage ou un masque

aveugle, impersonnel, qui cacherait

quelque chose d'assurément atroce. J'ai craint aussi

que le temps silencieux du miroir

s'écarte de la voie quotidienne

des heures humaines et abrite

en son vague espace imaginaire

des êtres, des plantes, des couleurs nouvelles.

(Je ne l'ai dit à personne : l'enfant est timide).

Aujourd'hui, je crains que le miroir enferme

le véritable visage de mon âme

orgueilleuse, sur la défensive et abattue,

celui que voit Dieu, peut-être aussi les hommes.


Jorge Luis Borges

traduction française de Roger Caillois

Posté par Ilaali à 14:27 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

La voix de Borges à la radio

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, rouler le plaisir de lire entre ses doigts, effleurant, et passer la langue sur le papier.

Les volutes de fumée seront imaginaires pour le rythme lent d'un texte poétique.

Magali Mauras

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, puis lire encore Borges

Posté par Ilaali à 13:22 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 août 2008

Quintillo

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"J'aimerais en le nommant vous le présenter" : le quartet QUINTILLO.

Depuis les années 90, ce groupe existe avec son amour pour l'Amérique Latine.

Il y eut d'abord Quintillo, le premier album,en 1994, fécond métissage de musiques et chansons traditionnelles d'Amérique Latine et de compositions d'Olivier Ombredane, de Cyrille Barbier, de Manuel Guallar et de Remy Kachadourian et sa voix superbe et encanteresse!

Puis en 2001, le second album De la nada y de siempre, que j'aime tout particulièrement ; la chanson du même nom que l'album, composée par Manuel Guallar, est une merveille de profondeur poétique et musicale.

Et en 2007, le troisième né : Sources, les quatre compères, Cyrille Barbier, Manuel Guallar, Eric Duval et Olivier Ombredane, (Remy est parti, je crois, au Canada), revisitent avec leurs talents nourris et généreux des compositions toutes d'Amérique Latine.

Les talents des quatre compañeros de Quintillo:

Cyrille Barbier : guitare, charango, guitarron, tiple, cuatro, chant...

Eric Duval : percussions...

Manuel Guallar : guitare, cuatro, charango, tiple, maracas, chant...

Olivier Ombredane : flûte traversière, kena, flûte de Pan...

Et bien sûr, ils sont tous les quatre des compositeurs et auteurs dont les oeuvres sont terres fertiles. Oui-da.

Vous pouvez découvrir leur musique belle et émouvante sur leur site, j'ai déposé un lien d'amis dans la traditionnelle colonne de droite. Si vous souhaitez contacter Quintillo pour des infos et savoir où trouver leurs albums, je dépose ici leur adresse courriel :

contact.quintillo@free.fr

quintilloQuintillo avec Eric Duval, Cyrille Barbier, Manuel Guallar et Olivier Ombredane.

Traspasa el aire todo

Hasta llegar a la mas alta esfera,

Y oye alli modo

De no perecedera

Musica, que es de toda la primera.

LUIS DE LEON (1527-1591)

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Posté par Ilaali à 20:28 - poésie espagnole - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 août 2008

Sonnet astronomique

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Alors que finissait la journée estivale,

Nous marchions, toi pendue à mon bras, moi rêvant

A ces mondes lointains dont je parle souvent.

Aussi regardais-tu chaque étoile en rivale.

Au retour, à l'endroit où la côte dévale,

Tes genoux ont fléchi sous le charme énervant

De la soirée et des senteurs qu'avait le vent.

Vénus, dans l'ouest doré, se baignait triomphale.

Puis, las d'amour, levant les yeux languissamment

Nous avons eu tous deux un long tressaillement

Sous la sérénité du rayon planétaire.

Sans doute, à cet instant deux amants, dans Vénus,

Arrêtés en des bois aux parfums inconnus,

Ont, entre deux baisers, regardé notre terre.

CHARLES CROS

La photographie est de Stéphane Bretheau dont je vous invite à découvrir l'univers dans son magnifique site, cliquez sur le lien dans la colonne de droite.

Aux dernières nouvelles, un livre des photographies de Stéphane Bretheau devrait sortir... Chouette!

st_phane_bretheau_portrait_du_photographeStéphane Bretheau, photographe

Posté par Ilaali à 17:31 - Charles Cros - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 août 2008

poème nouveau sur le blog DENIS CORVOL

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Chers lecteurs,

Je retrouve un cahier de bons souvenirs ancien et rayonnant de vie et d'optimisme. Souvent, je conseille à mes élèves et parfois à mes amis d'inaugurer un joli cahier tout neuf pour y écrire leurs bons souvenirs, une façon de faire retrouvailles paisibles avec la langue, l'écriture, la vie. Ce conseil me fut donné en premier par notre ami Denis, et je fis usage du cahier de bons souvenirs à chaque fois avec bonheur, avec fraîcheur. Essayez et vous m'en direz des nouvelles.

Le poème nouveau sur le blog consacré à Denis Corvol, ici en lien d'amis, s'intitule LE SOLEIL ET L'OISEAU, il s'inscrit, c'est sûr, dans l'esprit de ces bons souvenirs. Bonnes lectures!

Dans le cahier de bons souvenirs que j'ai redécouvert, je trouve ce petit poème pour vous, pour la route.

Eternue sur le bord de la route

et laisse pousser les fleurs!

MM

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Posté par Ilaali à 15:18 - Du neuf! Blog Denis Corvol - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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